Je suis né dans l'eau, mais pas comme les bébé dont la maman décide d'accoucher dans une piscine pour l'habituer à l'eau. Je n'ai pas vraiment connu mes parents, ils furent absent toute ma vie. Tout petit déjà, je nageais très vite à travers les algues et les rochers de mon lac.
Je m'amusais comme un petit fou à laisser de petites bulles derrière moi en bougeant. Je nageais admirablement pour quelqu'un de mon âge, me tortillant souplement dans ce qui était en quelque sorte mon liquide amniotique dans lequel je pourrais rester indéfiniment.
Tout allait bien jusqu'à ce qu'un jour, une bête inconnue vint troubler mon petit monde parfait.
C'était un animal très étrange, jaune avec des rayures rouges. Il avait une queue qui se terminait par une sorte de crochet. Curieux, je me mis à l'observer. D'abord, il ne me posa aucun problème. Mais au bout de quelques jours, sa présence me dérangeais. De quel droit squattait-il mon lac ? Ne sachant pas quoi faire, je finis par lui morde la queue. Je voulu ouvrir ma bouche pour le lâcher, mais le crochet s'accrocha dans ma bouche. Je n'eus pas le temps de manifester ma douleur, je me suis aussitôt fait happé hors de l'eau, tiré par une mystérieuse force. Je ne pouvais plus respirer, j'eus juste le temps de regarder la bête bizarre qui m'avait arraché de mon lac avant de sombrer dans l'inconscience...
samedi 9 mai 2009
Facebook mon ami
Je pense que je ne suis pas le seul à penser que Facebook est un piège ? Avec toutes les applications machiavéliques qui vous apprennent des trucs sur vous que vous savez déjà, ces groupes qui ne servent pour la plupart à rien... Bref, un vrai nid à con, et comme c'est ce que nous sommes nous autres les humains, des imbéciles heureux à qui on a donné un nonos doré, et qu'est ce qu'on est heureux avec notre nonos doré ! On le ronge bien méthodiquement , on le savoure pour qu'il dure plus longtemps.
Alors moi j'ai des idées de quizz qui pourraient bien marcher :
" Quelle marque de corde serait la plus appropriée pour votre suicide ? "
" Pourquoi êtes vous assez con pour faire ce quizz ? "
" Combien de personnes trouvent que vous êtes répugnant ? "
Ou encore quelque groupes :
" Groupe facebook contre les groupes facebook "
" Si 50 000 personnes rentre dans ce groupe je me tire une balle...Non laissez-tomber, 2 suffiront "
" Groupe des gens qui ont rien d'autre à faire que de trainer sur facebook "
" Groupe facebook pour les gens qui sont déjà dans d'autre groupe mais qui pensent que plus de groupes est forcément une bonne chose"
Ou encore quelques top 5 :
" 5 armes de destruction massive préférées "
" 5 tares humaines préférées "
" 5 moyens de se faire larguer préférés "
mercredi 6 mai 2009
Nihil chapitre 2

Illustration de Jill C.
Cela fait maintenant quatre jours que je n'arrive pas à écrire, quatre jours durant lesquels j'ai tourné inlassablement dans mon appartement sans sortir. La solitude me ronge. Aujourd'hui nous sommes lundi, Trish viens mercredi, et ma fierté m'interdit de l'appeler pour lui demander de venir. Ma chaudière fait un bruit continu. La rue est bruyante. Très bruyante. Trop bruyante. Ce vacarme m'obsède, je le déteste. Mon dos me fait mal.
Je pense que je devrais sortir, sinon je risque de devenir fou. Mais pour aller où ? Je connais déjà tous les recoin de ma ville. Peut-être devrais-je partir pour quelques jours, me changer les idées. Une fois de plus, où ? Je n'ai pas beaucoup d'amis que je pourrais visiter, et ma famille et moi ne sommes pas en bons termes.
Où ? Mon éditeur m'a dit d'aller prendre des vacances au soleil, il dit que je l'ai bien mérité, mais mes moyens ne me permettent pas d'extravagances, et il est bien placé pour le savoir.
Sans réfléchir, je me suis allongé dans mon salon, par terre comme je le fais souvent. Le plancher émet un craquement quand je bouge pour me mettre sur mon flanc droit. J'écoute le son des passants dans la rue, les klaxons, les crissements de roues. Je ferme les yeux un instant et j'essaye de penser à un endroit où je pourrais me ressourcer. Un endroit calme. Je me redresse et je regarde autour de moi. Mes yeux se posent alors sur la peinture de ma mère. Bien sûr ! Pourquoi n'y avait je pas pensé plus tôt ? La maison de mon père m'est revenu après sa mort, et ça malgré les protestations de ses deux mégères de soeurs. Tout de suite, je m'imagine en train d'écrire, ma machine à écrire sur mes genoux, face à la mer, le bruit des vagues répondant au bruit de mes touches, la bise glissant sur ma peau, transportant une fine odeur de sel et de plantes marines. Juste le temps le d'écrire un mot pour Trish et de préparer mes affaires et me voilà en route.
Suite au prochain chapitre.
samedi 2 mai 2009
Nihil chapitre 1

"N'accepte aucune réalité comme absolue". Tel furent les derniers mots de mon père, avant qu'il ne se fasse exploser la cervelle dans la salle de bain. Les souvenirs de lui se mélangent dans ma tête, j'étais jeune à l'époque, mais je me souviens de son odeur de tabac bon marché, son teint cireux, ses longs cheveux bruns en bataille et ses yeux cernés en permanence.
Mon père était un anarchiste, un peu nihiliste sur les bords, complètement fou et, même si mon jeune age ne me permettait pas de comprendre entièrement ces notions, je me doutais bien que mon père n'était pas ce que l'on pouvait appeler " normal ".
Me voilà, 14 ans plus tard, l'anniversaire de sa mort. Je ne sais jamais comment me comporter. Tous les ans, je vais manger chez ma mère, pour "célébrer" la mort de celui qui a rendu nos vies un enfer. Je joue vaguement avec quelques morceaux de poisson qui restent sur mon assiette, essayant de tromper l'ennui qui me dévore, avec le silence total qui règne dans la salle à manger. Après une vingtaine de minutes, ma mère prend enfin la parole.
- Trish va bien ?
Encore une discussion bateau. Moi qui espérais un petit débat, mais soit. Trish est une amie d'enfance. Comme mon métier d'écrivain consiste à rester assis toute la journée devant ma machine à écrire à essayer de trouver l'inspiration, elle s'occupe d'aller faire mes courses, de faire le ménage dans mon capharnaüm, et en échange, elle a " l'honneur " de lire mes oeuvres avant tout le monde.
- Oui, elle a beaucoup de travail avec moi.
Ma mère rit. C'est un rire léger, un rire de maman. Il m'apaise.
- Comment avance ton livre ?
- C'est un peu la panne d'inspiration, le " syndrome de la page blanche ".
- Bah, tu t'en remettras, j'ai confiance en ton talent.
Je souris et jette un coup d'oeil sur le chevalet de ma mère. Sur celui-ci se trouve une toile, avec l'esquisse d'un portrait d'homme, seules les constructions sont visibles, je n'arrive pas à distinguer qui c'est. Ma mère est peintre, elle a un talent, mais ses toiles ne font pas l'unanimité. Avant, elle vendait plutôt bien ses oeuvres, mais depuis la mort de mon père, elle ne se vendent pas ou peu, comme si le destin s'acharnait sur ma pauvre mère.
- Tu as vendus des toiles dernièrement ?
- Oui, à ma dernière exposition, j'ai vendu 3 toiles à un charmant homme. Il m'a fait un bon prix. Tu as toujours celle que je t'ai donné ?
Quelle question. Bien sûr que je l'ai toujours. C'est une magnifique huile du paysage visible depuis notre maison de vacances, une vieille bicoque sur une falaise au pied de laquelle l'eau grisâtre frappe et refrappe incessement. C'est au beau milieu de la bretagne qu'est cette propriété, que mon père a hérité d'un lointain cousin. C'est dans cette maison que j'ai été conçu, une nuit d'octobre pluvieuse.
- Tu connais déjà la réponse à cette question. C'est ta plus belle oeuvre.
- Non mon fils, ma plus belle oeuvre, c'est toi.
Suite au prochain chapitre.
vendredi 1 mai 2009
Shoot 'Em Up
Alors là je me dis " Un film de shoot musclé avec Clive Owen ? ça sonne pas mal ! ". Je regarde ce film et je me prend une claque monumentale. Ce film est ce que wanted aurait dû être : Un shoot nerveux, cynique et extravagant. Le jeux d'acteur est jubilatoire, les plans rapides donnent un dynamisme incomparable, et les scènes d'action, rythmée par une bande-son excellente, de nirvana à AC DC en passant par Motorhead, valent leur pesant en cacahuète.
Le travail de production est égale sur toute la longueur du film, à l'image du générique de fin animé à la perfection et les effets spéciaux détonants qui en mettent plein la vue. On ne s'ennuie pas une seule seconde, tant les situations sont tantôt hilarantes, tantôt tendues. Par contre, les scènes gores et le langage quelque peu "imagé" classent ce film dans la catégorie " âmes sensibles, s'abstenir". Mais si vous cherchez un film qui sent bon la sueur et la poudre, Shoot 'Em Up est pour vous.
Ce n'est pas un film d'action, c'est Shoot 'Em Up.
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